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Grille de salaire BTP 2026 : Quel minima pour votre poste ?

grille salaire BTP 2026

Votre catégorie professionnelle, votre coefficient ou niveau et l’accord régional applicable permettent de retrouver votre minimum salarial dans le BTP. Ainsi, un ouvrier du bâtiment classé N3P2, coefficient 230, relève d’un minimum de 2 164 € brut par mois pour 35 heures dans le barème francilien présenté ici, réservé aux entreprises jusqu’à 10 salariés inclus. Ce montant change avec le territoire et le classement. Voici comment lire les grilles 2026, vérifier leur portée et comparer leurs chiffres avec votre bulletin ou une proposition d’embauche.

Quelle grille de salaire BTP s’applique à votre poste ?

Il existe plusieurs grilles de salaire BTP, et non un tableau national donnant le salaire de chaque métier. Un maçon, un technicien et un conducteur de travaux peuvent relever de textes différents, y compris lorsqu’ils interviennent sur un même chantier.

Commencez par la convention collective indiquée sur votre bulletin de paie, puis votre catégorie. Ces références orientent la recherche dans le bâtiment :

CatégorieConvention à identifier
Ouvriers, entreprise jusqu’à 10 salariés inclusIDCC 1596
Ouvriers, entreprise de plus de 10 salariésIDCC 1597
Employés, techniciens et agents de maîtriseIDCC 2609, dite ETAM
CadresIDCC 2420 et textes salariaux applicables

L’activité de l’employeur et le champ des textes comptent davantage que le seul intitulé du poste. Le code APE aide à s’orienter, sans régler à lui seul la question. Pour le territoire, examinez le rattachement de l’entreprise ou de l’établissement et les clauses de l’accord. Votre domicile, ou l’adresse d’un chantier temporaire, ne suffit pas toujours à désigner la grille.

Viennent ensuite la date d’application et la durée de référence. Un accord signé en novembre peut entrer en vigueur l’année suivante. Son extension le rend obligatoire pour les employeurs compris dans son champ, au-delà des seuls employeurs déjà liés au texte. La date d’effet annoncée et la publication de l’extension sont donc deux repères distincts, notamment pour vérifier un ancien bulletin.

Enfin, les sommes des grilles sont des minima conventionnels bruts, pas des salaires moyens ni des plafonds. Depuis le 1er juin 2026, le Smic à taux plein est de 12,31 € brut de l’heure, soit 1 867,02 € brut par mois à 35 heures en métropole. Lorsque le montant négocié est inférieur, le Smic reste à respecter, en comparant les éléments de rémunération admis pour chacun de ces contrôles.

Grille des ouvriers du bâtiment : niveaux et salaires en 2026

Deux ouvriers portant le même nom de métier peuvent avoir des responsabilités différentes. L’un exécute une tâche avec des consignes précises, l’autre organise son intervention et réalise un ouvrage avec davantage d’autonomie. La classification décrit le travail exercé et permet ensuite de trouver la bonne ligne de salaire.

Du N1P1 au N4P2 : comprendre les coefficients

La classification ouvrière du bâtiment comprend quatre niveaux et sept positions :

  • Niveau I, ouvriers d’exécution : position 1 au coefficient 150, position 2 au coefficient 170.
  • Niveau II, ouvriers professionnels : coefficient 185, sans subdivision P1/P2.
  • Niveau III, compagnons professionnels : position 1 au coefficient 210, position 2 au coefficient 230.
  • Niveau IV, maîtres-ouvriers ou chefs d’équipe : position 1 au coefficient 250, position 2 au coefficient 270.

Pour situer un poste, les critères portent sur l’activité, l’autonomie et l’initiative, la technicité, la formation et l’expérience. Exécuter une opération guidée et conduire de façon autonome un ouvrage sollicitent des savoir-faire différents. L’examen doit porter sur l’ensemble des fonctions, avec les garanties conventionnelles liées aux diplômes lorsqu’elles s’appliquent.

Un coefficient 230 ne se multiplie pas par le Smic pour obtenir le salaire. Certains accords régionaux publient une partie fixe et une valeur du point, mais ces paramètres appartiennent à leur propre barème. Pour retrouver votre minimum, lisez le montant expressément publié pour votre position, plutôt que de reconstruire un taux avec des arrondis.

Comparer les minima régionaux pour un même coefficient

Voici des repères bruts mensuels à 35 heures, vérifiés au 16 octobre 2026, pour un adulte au Smic à taux plein, sans autre composante de rémunération admise dans les assiettes de comparaison. Les cellules marquées d’un astérisque retiennent le plancher Smic de juin, supérieur au chiffre négocié. Les autres reprennent le montant conventionnel.

Position et coefficientÎle-de-FrancePays de la LoireBretagne
N1P1 · 1501 867,02 €*1 867,02 €*1 867,02 €*
N1P2 · 1701 867,02 €*1 867,02 €*1 868,17 €
N2 · 1851 899,00 €1 867,02 €*1 917,70 €
N3P1 · 2102 038,00 €2 064,23 €2 064,78 €
N3P2 · 2302 164,00 €2 244,72 €2 234,67 €
N4P1 · 2502 292,00 €2 425,20 €2 404,54 €
N4P2 · 2702 510,00 €2 607,21 €2 574,41 €

* Montant ajusté au plancher du SMIC mensuel brut applicable pour 35 heures. Le minimum conventionnel négocié peut être inférieur à ce montant.

Ces trois colonnes ne couvrent pas exactement les mêmes entreprises. En Île-de-France, le barème présenté concerne les huit départements, Seine-et-Marne comprise, mais uniquement les ouvriers relevant de l’IDCC 1596. Il prend effet le 5 février 2026.

Dans les Pays de la Loire et en Bretagne, les accords documentés couvrent les IDCC 1596 et 1597. Celui des Pays de la Loire prend effet le 1er mars 2026. L’accord breton annonce le 1er janvier 2026, avec une extension publiée le 5 février. Cette publication ne rend pas automatiquement l’accord rétroactif pour toutes les entreprises depuis janvier.

À coefficient 230 et durée identiques, le minimum des Pays de la Loire dépasse celui d’Île-de-France de 80,72 € brut par mois. Cet écart porte sur les minima des accords présentés, pas sur les salaires effectivement pratiqués.

Le document à consulter

Grilles de salaire BTP 2026

PDF · 23 pages · Édition du 16 octobre 2026

Ouvrez le document pour le consulter en plein écran sur votre mobile.

Le document de 23 pages, daté du 16 octobre 2026, réunit 20 barèmes ouvriers et ETAM : classifications, montants négociés, dates, sources et, lorsque la base est confirmée, comparaison avec le Smic.

Les 10 régions documentées sont l’Île-de-France, les Pays de la Loire, la Bretagne, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Nouvelle-Aquitaine, la Normandie, l’Occitanie, la Bourgogne-Franche-Comté, le Centre-Val de Loire et la Corse.

Ce PDF n’est pas une grille nationale exhaustive. Les données ouvrières d’Île-de-France, d’Auvergne-Rhône-Alpes, de Bourgogne-Franche-Comté et du Centre-Val de Loire concernent ici l’IDCC 1596 uniquement. Dans le Centre-Val de Loire, la base horaire des ouvriers reste à confirmer : aucun repère après Smic n’y est calculé.

Hauts-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Grand Est ne sont pas chiffrés, faute de barèmes actuels suffisamment confirmés. Le PDF ne couvre pas non plus les grilles des cadres et des travaux publics, présentées séparément dans l’article.

ETAM du bâtiment : les salaires des niveaux A à H

Chez les employés, techniciens et agents de maîtrise, la grille du bâtiment utilise les lettres A à H, sous l’IDCC 2609. Ces niveaux ne se convertissent pas en coefficients ouvriers. Passer d’un poste d’exécution à une fonction technique ou d’encadrement demande d’examiner les nouvelles tâches et la classification correspondante.

L’autonomie, les connaissances techniques, les décisions confiées et les responsabilités permettent de situer l’emploi. Un intitulé comme « chef de chantier » ne place pas automatiquement tous ses titulaires au niveau E ou F. Selon la taille des opérations et les délégations reçues, deux postes peuvent couvrir des fonctions sensiblement différentes.

Le tableau suivant présente les repères bruts mensuels à 35 heures dans deux régions, au 16 octobre 2026, avec les mêmes hypothèses de comparaison au Smic que pour les ouvriers. L’astérisque signale le niveau A relevé au Smic de 1 867,02 €, sans modifier le barème négocié conservé dans le PDF.

Niveau ETAMÎle-de-FrancePays de la Loire
A1 867,02 €*1 867,02 €*
B1 932,00 €1 902,43 €
C2 057,00 €2 050,28 €
D2 239,00 €2 223,23 €
E2 407,00 €2 393,48 €
F2 841,00 €2 646,81 €
G3 119,00 €2 942,55 €
H3 357,00 €3 328,49 €

* Montant ajusté au plancher du SMIC mensuel brut applicable pour 35 heures. Le minimum conventionnel négocié peut être inférieur à ce montant.

Les deux accords sont étendus. La grille francilienne s’applique à compter du 5 février 2026, dans les huit départements, Seine-et-Marne comprise. Celle des Pays de la Loire prend effet le 1er mars 2026. Les huit autres régions documentées restent dans le PDF, avec leurs propres dates. Pour les ETAM du Centre-Val de Loire, le statut étendu est confirmé, mais la date précise de l’arrêté d’extension n’a pas été retrouvée.

Quelle grille de salaire pour les cadres du bâtiment ?

Pour les cadres du bâtiment, l’avenant n° 78 du 19 janvier 2026, rattaché à la convention du 30 avril 1951, prévoit des minima à compter du 1er février 2026. Le tableau ci-dessous repose sur 39 heures par semaine, et non sur 35 heures.

Cet avenant est non étendu au 16 octobre 2026. Il concerne les employeurs liés par le texte ou qui l’appliquent volontairement. Les montants ne sont pas obligatoires pour tous les cadres du BTP.

CoefficientMinimum brut mensuel, base 39 h
602 356 €
652 553 €
702 740 €
752 853 €
803 036 €
853 197 €
903 353 €
953 504 €
1003 622 €
1033 693 €
1083 827 €
1204 145 €
1304 411 €
1625 472 €

L’intitulé « conducteur de travaux » ne suffit pas à choisir un coefficient. Les fonctions exercées et le régime du contrat restent déterminants. Une proposition au forfait annuel en jours demande notamment une lecture différente d’un horaire hebdomadaire.

Pour les cadres relevant du régime de forfait jours décrit par un texte de 2012, une majoration de 10 % du minimum est prévue. Ce texte est lui aussi non étendu : il faut vérifier son applicabilité à l’employeur et au contrat. On ne convertit pas un forfait jours en heures mensuelles et ce supplément ne s’applique pas à tous les cadres.

Les particularités territoriales non vérifiées, notamment dans le Nord/Pas-de-Calais, ne sont pas chiffrées ici.

Travaux publics : quelles différences avec les grilles du bâtiment ?

Travailler dans les travaux publics renvoie à d’autres conventions : IDCC 1702 pour les ouvriers, 2614 pour les ETAM et 3212 pour les cadres. Les montants du bâtiment ne se transposent pas à un salarié des TP, même si certaines missions ou compétences se ressemblent.

Dans les travaux publics, les minima hiérarchiques se vérifient sur une base annuelle, selon les éléments de rémunération retenus par les textes applicables. Le Smic reste à respecter chaque mois. Ces deux contrôles n’utilisent donc ni la même période ni nécessairement la même assiette.

Prenons le barème ETAM francilien de 2026, issu d’un accord étendu. Le niveau E correspond à 33 260 € brut par an sur une base de 35 heures, ou de 35 heures en moyenne sur l’année. Diviser cette somme par douze ne crée pas un minimum conventionnel mensuel identique sur chaque bulletin. Il faut vérifier la période et les composantes prévues pour la comparaison.

Du minimum brut au salaire réellement versé

Retrouver la bonne ligne permet de connaître un plancher. Pour savoir ce que vous recevrez, il reste à examiner la durée rémunérée, les compléments et les retenues. Deux offres affichant le même total peuvent associer des salaires de base et des remboursements de frais très différents.

Passer au net sans appliquer un pourcentage fixe

Une grille conventionnelle donne un montant brut. Il n’existe pas de « salaire net du coefficient 210 » valable pour tous les salariés : les cotisations, le statut, la mutuelle et les compléments de paie changent le résultat. Le net avant impôt se distingue également du net versé après prélèvement à la source.

Vous pouvez utiliser l’estimation générale du salaire brut en net pour obtenir un ordre de grandeur à partir de votre salaire de base. L’outil ne reconstitue toutefois ni une paie conventionnelle BTP, ni les indemnités de chantier, ni le traitement précis des heures supplémentaires. Un pourcentage unique appliqué au tableau donnerait une précision trompeuse.

Pour comparer deux propositions, gardez d’abord le brut à durée identique. Examinez ensuite les compléments et le net estimé avec des hypothèses comparables, sans confondre un revenu salarial durable avec le remboursement d’une dépense professionnelle.

Heures supplémentaires, primes et indemnités : quoi comparer ?

Une rémunération pour 39 heures ne se compare pas directement au minimum ouvrier ou ETAM présenté à 35 heures. Dans un décompte hebdomadaire classique, les heures au-delà de 35 heures relèvent des heures supplémentaires. Un accord applicable peut fixer leur taux de majoration, sans descendre sous 10 %. À défaut de dispositions conventionnelles, les huit premières sont majorées de 25 %, puis les suivantes de 50 %. Un aménagement du temps de travail peut modifier le décompte.

Notre article sur le contrat de 39 heures et ses conséquences sur la paie détaille ce mécanisme. Pour lire une offre BTP, séparez surtout :

  • Le salaire de base, sa durée et les heures supplémentaires éventuellement déjà comprises dans le total annoncé.
  • Les primes salariales, dont les conditions et la prise en compte dans le minimum doivent être vérifiées dans le texte concerné.
  • Les frais de repas et de transport, qui répondent à des dépenses professionnelles et ne remplacent pas librement le salaire.
  • L’indemnité de trajet, qui compense une sujétion et se distingue du remboursement des frais de transport.

Imaginons un ouvrier N3P2 francilien relevant du minimum de 2 164 € à 35 heures : 2 000 € de salaire et 200 € de remboursement de frais ne suffisent pas à établir que ce minimum est respecté. Sans autre somme admise dans l’assiette concernée, l’écart salarial reste de 164 €.

Il n’existe pas davantage de panier national unique, ni de prime CACES ou d’ancienneté automatiquement due à tous. Un plafond d’exonération de cotisations ne fixe pas, à lui seul, la somme que l’employeur doit verser.

Augmentation de la grille et changement de coefficient

Une hausse des minima change le plancher d’une ligne. Une évolution du poste peut conduire à changer de ligne. Revalorisation salariale et classification professionnelle répondent donc à deux questions différentes, même lorsqu’elles se posent au même moment.

La hausse des minima augmente-t-elle tous les salaires ?

Le nouveau minimum applicable doit être respecté. En revanche, une hausse de la grille ne donne pas automatiquement la même augmentation en pourcentage aux salariés déjà rémunérés au-dessus du plancher. Le contrat, un accord, un usage ou un engagement de l’employeur peuvent prévoir des dispositions plus favorables.

Le rattrapage par le Smic illustre ce mécanisme. Au niveau II en Pays de la Loire, le montant négocié de 1 864,02 € est inférieur au Smic plein de 1 867,02 € depuis juin. Dans l’hypothèse de comparaison utilisée pour nos tableaux, le repère est donc relevé de 3 €. Cela ne crée pas une augmentation identique pour tous les ouvriers de la région.

Faire vérifier un classement ou un salaire inférieur au minimum

Si votre paie paraît trop basse, identifiez d’abord l’origine de l’écart : montant, durée rémunérée, assiette ou classification. Une somme inférieure au tableau peut correspondre à un mois incomplet. À l’inverse, un total élevé comprenant des frais peut masquer un salaire insuffisant.

Pour une vérification utile, réunissez :

  • Le contrat et les bulletins concernés, avec la durée, l’emploi et le classement indiqués.
  • Une description des tâches habituelles, de l’autonomie et des éventuelles délégations.
  • Les diplômes ou qualifications pertinents, à rapprocher des garanties conventionnelles.
  • Le barème daté et applicable, avec son territoire et sa base de comparaison.

Ces documents permettent à la paie ou aux ressources humaines d’expliquer la ligne retenue et, si nécessaire, de la corriger. L’examen d’un classement porte sur les fonctions réellement exercées, pas sur le seul titre du poste. Les règles de carrière prévoient aussi la prise en compte de tâches supérieures exercées habituellement. L’ancienneté ne provoque pas à elle seule un changement automatique de coefficient. Un représentant du personnel ou un interlocuteur compétent en droit du travail peut accompagner une vérification qui reste contestée.

Apprentissage, intérim et autres situations à distinguer

Les grilles précédentes concernent des situations définies. Pour les autres contrats, le minimum applicable doit être vérifié selon le statut, la durée et la période de paie :

  • Apprentissage : la rémunération dépend notamment de l’âge et de l’année d’exécution du contrat. Il faut comparer les règles légales et conventionnelles et retenir les dispositions plus favorables. Les tableaux adultes à temps plein ne constituent pas une grille des apprentis BTP.
  • Intérim : la référence est la rémunération d’un salarié de qualification équivalente au même poste dans l’entreprise utilisatrice, après la période d’essai de ce salarié de comparaison. Cela n’autorise pas à moins payer l’intérimaire au début de sa mission. Les indemnités de fin de mission et de congés payés, lorsqu’elles sont dues, se lisent séparément.
  • Temps partiel, absence ou mois incomplet : le montant doit être rapproché des heures et de la période réellement rémunérées, plutôt que comparé sans adaptation à un minimum mensuel à temps plein.

Dans les territoires d’outre-mer, les textes applicables peuvent également différer des exemples métropolitains. Pour vérifier votre situation, rapprochez le texte applicable à votre contrat et à la période de paie du détail des heures et des sommes versées.

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