Les RTT, ou réduction du temps de travail, sont des journées ou demi-journées de repos prévues par un accord pour compenser une durée de travail supérieure à 35 heures par semaine. Votre salaire est maintenu quand vous les prenez. Leur nombre, leur acquisition et leurs dates dépendent toutefois de votre organisation du travail. Pour comprendre votre compteur, commencez par identifier l’accord applicable et votre régime : décompte en heures ou forfait annuel en jours.
RTT : ce que ces jours de repos compensent
Une semaine plus longue peut être compensée par du repos dans le cadre d’un dispositif de réduction ou d’aménagement du temps de travail. Mais travailler 39 heures ne vous donne pas automatiquement le même nombre de RTT que votre voisin : son entreprise peut prévoir des jours de repos, tandis que la vôtre rémunère des heures supplémentaires.
La différence avec les congés payés tient à l’origine du droit. Les congés payés s’acquièrent selon leurs propres règles. Les RTT répondent à une organisation du temps de travail. Prendre une journée de RTT ne doit donc pas être confondu avec poser un jour sur votre compteur de congés.
| Type de repos | Ce qu’il représente |
|---|---|
| Jour de RTT | Un repos prévu par le dispositif de réduction du temps de travail applicable |
| Congé payé | Un droit à congé acquis selon les règles propres aux congés payés |
| Repos compensateur de remplacement | Un repos remplaçant le paiement d’heures supplémentaires et de leur majoration |
| Repos du forfait jours | Un repos supplémentaire lié au décompte annuel en jours, souvent appelé RTT dans l’usage courant |
Ces jours peuvent apparaître sous des noms voisins dans un logiciel. Leur régime juridique reste différent, notamment pour les absences, la prise ou le paiement.
Avez-vous droit à des RTT dans votre situation ?
Votre contrat donne un premier repère, mais il ne décrit pas toujours tout le dispositif. Pour savoir si vous êtes concerné, rapprochez-le de l’accord d’entreprise ou de la convention collective applicable. Vous devez pouvoir retrouver les bénéficiaires, la période de référence et la méthode d’acquisition.
L’accord collectif et l’organisation du temps de travail
Deux entreprises affichant 37 heures hebdomadaires peuvent organiser les repos différemment. L’une les acquiert à partir du temps de travail effectif, l’autre applique une attribution annuelle prévue par l’accord. Les conditions de présence et de prise ne se déduisent pas du seul total inscrit sur le contrat. Une attribution fixe de RTT n’est pas une convention de forfait annuel en jours.
Les anciens accords de RTT maintenus depuis la réforme de 2008 coexistent avec des dispositifs actuels d’aménagement du temps de travail sur une période supérieure à la semaine. L’absence de nouvel accord relevant de l’ancien dispositif n’interdit donc pas tout aménagement comportant des jours de repos.
Un point mérite d’être éclairci dès l’embauche : les heures au-delà de 35 heures sont-elles compensées par des repos, rémunérées comme heures supplémentaires ou décomptées sur une période plus longue ? Cette réponse détermine la façon de lire votre planning et votre paie.
Cadre, temps partiel ou forfait jours : des règles distinctes
Être cadre ne donne pas automatiquement droit à un forfait jours, ni à un nombre fixe de RTT. Un cadre peut travailler selon un horaire collectif. Le forfait annuel en jours suppose notamment l’autonomie requise, un cadre collectif et une convention individuelle écrite. Certains salariés non cadres autonomes peuvent également y accéder.
À temps partiel, vous ne bénéficiez en principe pas de RTT, sauf accord particulier le prévoyant. Les heures complémentaires ne deviennent pas, par leur seul accomplissement, des jours de RTT. Et un forfait annuel avec un nombre de jours réduit ne s’assimile pas mécaniquement à un temps partiel compté en heures.
Calcul RTT : comment calculer ses jours de repos ?
Pour calculer vos RTT, il faut d’abord choisir la bonne unité. Un compteur alimenté par des heures et les repos d’un salarié au forfait jours ne suivent pas la même méthode. Dans les deux cas, la période de référence et les paramètres de l’accord comptent davantage qu’un barème trouvé sans contexte.
37, 38 ou 39 heures : partir des règles de votre accord
Voici ce que l’on peut calculer immédiatement pour une semaine entièrement travaillée :
| Horaire hebdomadaire | Écart avec 35 heures |
|---|---|
| 35 heures | 0 heure |
| 37 heures | 2 heures |
| 38 heures | 3 heures |
| 39 heures | 4 heures |
Ce tableau mesure un écart, pas un droit annuel à des jours de repos. À 37 h 30, l’écart est de 2 h 30, mais le nombre de RTT par mois reste lui aussi lié au mode d’acquisition. Pour un contrat à 39 heures, vérifiez en particulier si les quatre heures au-delà de 35 heures sont payées comme heures supplémentaires ou intégrées à un dispositif de repos.
Prenons un accord fictif qui crédite les heures effectuées au-delà de 35 heures et retient sept heures pour une journée de RTT. Après quatre semaines entièrement travaillées à 37 heures, le crédit est de 8 heures, soit une journée et une heure restante. Si l’accord valorise au contraire la journée à 7 h 24, ces mêmes huit heures représentent une journée et 36 minutes. Le crédit n’a pas changé, son expression en jours est différente.
C’est pourquoi il faut connaître la valeur conventionnelle d’une journée et le traitement des reliquats. Huit heures ne constituent pas une journée de travail légale universelle.
Pour passer à l’année, ne multipliez pas simplement l’écart par 52. Congés, fériés, repos et absences doivent être traités suivant le dispositif. Avec une organisation annuelle, le décompte des heures supplémentaires repose en principe sur le seuil de 1 607 heures, sous réserve notamment d’une limite conventionnelle inférieure. Une semaine haute ne se lit plus comme une semaine isolée.
Forfait jours : décompter les repos sur le calendrier annuel
Au forfait annuel en jours, vous ne calculez pas des heures dépassant 35 heures. Vous partez du nombre de jours à travailler prévu dans votre convention. Le forfait initial est fixé dans le cadre applicable, avec un maximum de 218 jours. Les repos supplémentaires permettent d’articuler ce forfait avec le calendrier.
Pour illustrer le calcul en 2026, retenons une année civile complète, une semaine du lundi au vendredi, 25 jours ouvrés de congés payés, neuf jours fériés effectivement chômés en semaine et un forfait de 218 jours. Les 104 samedis et dimanches sont déjà exclus.
365 − 104 − 25 − 9 − 218 = 9 jours de repos supplémentaires.
Le résultat vaut pour ces hypothèses précises. Avec un forfait de 215 jours et le même calendrier, il serait de 12 jours. Vous pouvez explorer ces variations avec le calculateur.
Calculateur de repos au forfait jours
Année complète, lundi au vendredi, 25 jours ouvrés de congés payés.
Repos supplémentaires théoriques
Pour l’année 2026
Renseignez votre forfait annuel et les fériés chômés pour afficher le décompte.
Résultat pédagogique, pas un droit garanti. À rapprocher de votre accord et de votre situation.
Détail du calcul et hypothèses
365 − 104 − 25 − … − …
- Jours calendaires
- 365
- Repos hebdomadaires
- 104
- Congés payés ouvrés
- 25
- Fériés chômés déclarés
- À saisir
- Jours du forfait
- À saisir
Les 25 jours ouvrés de congés sont une hypothèse pédagogique. Le calendrier compte automatiquement les samedis et dimanches et les 366 jours des années bissextiles. Ces jours ne doivent pas être déduits une seconde fois.
Le sélecteur couvre 2024 à 2035 et calcule le calendrier, sans certifier les règles de droit de chaque année. Cadre documentaire vérifié au 21 octobre 2026.
Fériés chômés et limites du modèle
Un férié tombant un samedi ou un dimanche est déjà exclu. Ne déduisez pas deux fois une même journée entre fériés, congés et repos. Les fériés locaux réellement chômés sur vos jours normalement travaillés peuvent être inclus dans votre saisie.
Un férié travaillé au titre de la solidarité ne fait pas partie des fériés chômés à saisir. Aucune journée de solidarité n’est retranchée une seconde fois. Si son traitement est incertain, vérifiez le calendrier de l’entreprise avant d’utiliser le résultat.
Les 25 jours ouvrés sont une hypothèse de ce modèle, sans calcul d’acquisition de congés. Pour une autre répartition de semaine ou des droits à congé différents, le résultat ne détermine pas votre compteur individuel.
Ce modèle ne traite pas les RTT horaires, la fonction publique, les années incomplètes, les absences à retraiter, les demi-journées ou la renonciation à des repos. Il ne calcule ni le rachat des RTT ni sa fiscalité.
D’une année à l’autre, le forfait peut rester identique alors que le nombre de repos change. Une année bissextile compte 366 jours, mais le nombre de samedis et dimanches doit lui aussi être recalculé. Les fériés locaux et les jours réellement chômés modifient également le décompte. Pour une année incomplète, ce modèle annuel ne suffit pas.
Veillez à ne pas compter deux fois la journée de solidarité. Le lundi de Pentecôte n’est pas systématiquement travaillé à ce titre. S’il l’est, il ne figure pas parmi les fériés chômés déduits du calcul.
Absences, arrivée et départ : ce qui modifie le compteur
Une absence ne produit pas les mêmes effets sur tous les compteurs. Si les RTT s’acquièrent à partir du travail effectif, il faut identifier les périodes prises en compte et les absences assimilées par les règles applicables. Une attribution annuelle fixe peut suivre une autre logique. Congé maternité, formation ou arrêt maladie ne se traitent donc pas en recopiant les règles d’acquisition des congés payés.
Dans un forfait jours, une absence maladie ne se récupère pas par un retrait mécanique de repos. Votre convention précise le décompte et les effets sur la rémunération.
Une arrivée en avril ou un départ en septembre demande un calcul adapté à la période travaillée. Appliquer un pourcentage au nombre annuel annoncé ne suffit pas : un prorata en douzièmes n’est justifié que si le dispositif le prévoit. C’est ce calcul détaillé qu’il faut demander.
RTT employeur et salarié : qui choisit les dates ?
Les expressions RTT employeur et RTT salarié désignent généralement l’initiative du choix des dates. L’accord peut réserver certains jours à l’employeur et laisser les autres à la demande du salarié. Aucun partage légal général de moitié-moitié ne s’impose à toutes les entreprises.
Un pont ou une fermeture peut ainsi être couvert par des jours fixés dans les conditions prévues par l’accord. Pour les jours à votre initiative, suivez la procédure de demande et l’éventuelle validation requise. Un compteur positif ne suffit pas à vous autoriser à vous absenter à la date de votre choix.
Le délai de prévenance doit être vérifié dans ce même cadre. Il n’existe pas de règle universelle imposant sept jours ouvrés pour tout RTT fixé par l’employeur. Le délai supplétif de sept jours concerne, dans son champ propre, les changements de durée ou d’horaires d’un aménagement du temps de travail lorsque l’accord ne fixe pas ce délai.
Si une date vous est imposée, demandez quel texte permet de la fixer et quelle procédure s’applique à un changement. Vous pourrez vérifier le calendrier communiqué.
RTT non pris : peut-on les reporter ou se les faire payer ?
Le report et le paiement ne sont pas automatiques. Pour des RTT non pris, plusieurs issues existent : poser les jours avant l’échéance, bénéficier d’un report autorisé, alimenter un compte épargne-temps s’il existe ou demander un rachat éligible. La fin du contrat pose une question distincte d’indemnisation.
Avant l’échéance, vérifier le report et le compte épargne-temps
Commencez par la date limite de prise de votre dispositif. Ne supposez pas que tous les compteurs se terminent au 31 décembre ou se reportent jusqu’au printemps comme peuvent le faire d’autres droits à congé.
Un report conserve des jours pour une prise ultérieure. Le compte épargne-temps, ou CET, permet de stocker des droits selon les conditions de l’accord qui l’institue. Ce n’est pas un report ordinaire du compteur annuel et il n’existe pas dans toutes les entreprises. Son alimentation comme son utilisation suivent des modalités propres.
Si vos demandes de repos ont été refusées, conservez les demandes et les réponses. La raison pour laquelle les jours n’ont pas été pris peut compter pour la suite.
Au départ de l’entreprise, le paiement n’est pas automatique
Les RTT non pris ne suivent pas automatiquement le sort de l’indemnité compensatrice de congés payés. Regardez d’abord si l’accord prévoit une indemnisation à la rupture. À défaut d’une telle disposition, l’indemnisation des jours non pris suppose que la non-prise soit imputable à l’employeur.
Votre démission ne transforme donc pas, à elle seule, tous les RTT restants en salaire. Avant le départ, rapprochez le compteur, les demandes de repos, les éventuels refus et les dispositions de l’accord. Si des droits sont déjà sur un CET, vérifiez séparément leurs conditions de transfert, d’indemnisation ou de consignation.
Rachat des RTT en 2026 : les conditions de la monétisation
Prendre une journée de RTT avec maintien du salaire et renoncer à cette journée pour travailler davantage sont deux opérations différentes. Le rachat temporaire de jours éligibles permet, dans le secteur privé, une rémunération majorée en contrepartie de cette renonciation.
Quels jours acquis jusqu’au 31 décembre 2026 sont éligibles ?
Le dispositif concerne les journées ou demi-journées acquises au titre des périodes comprises entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2026, dans le cadre d’anciens accords RTT maintenus ou d’accords d’aménagement du temps de travail prévoyant ces repos. Cette date borne les périodes d’acquisition éligibles, pas une échéance universelle de paiement. Au 21 octobre 2026, la prolongation après 2026 n’est pas acquise.
Le rachat nécessite une demande du salarié et l’accord de l’employeur. Celui-ci peut accepter tout ou partie de la demande ou la refuser. Conservez la demande et la réponse.
Le dispositif temporaire ne couvre pas :
- Les repos du forfait annuel en jours.
- Les droits déjà placés sur un CET.
- Le repos compensateur remplaçant le paiement d’heures supplémentaires.
- Les jours simplement soldés lors du solde de tout compte.
Si vous êtes au forfait jours, la renonciation à des repos relève d’un mécanisme distinct. Elle nécessite un accord écrit et un avenant fixant une majoration d’au moins 10 %, valable pour l’année en cours sans reconduction tacite.
La limite porte alors sur les jours travaillés après renonciation : à défaut de maximum conventionnel, elle est de 235 jours travaillés, avec maintien des garanties de repos. Ce seuil ne remplace pas le plafond du forfait initial.
Majoration, fiche de paie et plafond fiscal commun
La rémunération du rachat comprend une majoration au moins égale au taux de la première heure supplémentaire applicable dans l’entreprise. Pour les droits éligibles d’un salarié à temps partiel, examinez le taux correspondant aux heures complémentaires. Il n’y a donc pas de majoration universelle de 25 %.
Avec 25 % comme hypothèse, deux jours de sept heures sur une base de 15 € brut donnent 2 × 7 × 15 × 1,25 = 262,50 € brut. Ces 262,50 € bruts ne sont pas un net à payer.
La réduction de cotisations salariales d’assurance vieillesse ne supprime pas tous les prélèvements : la CSG et la CRDS restent notamment dues dans le cas général. Sur votre bulletin, rapprochez la quantité de repos rachetée, sa valorisation et la majoration appliquée avant de lire les retenues.
L’exonération d’impôt est limitée à 7 500 € par an de rémunérations éligibles exprimées en net fiscal, plafond partagé avec les heures supplémentaires et complémentaires concernées. Ce n’est ni une économie d’impôt de 7 500 €, ni un plafond propre à chaque employeur ou à chaque dispositif. Les montants exonérés entrent dans le revenu fiscal de référence.
Si vous avez déjà 7 100 € de rémunérations éligibles exonérées et ajoutez 600 € de rachat éligible en net fiscal, il reste 400 € exonérables. Les 200 € au-delà du plafond sont imposables. Ces 600 € ne sont pas le net calculé à partir de l’exemple brut précédent. Pour approfondir cette lecture, consultez le plafond d’exonération des heures supplémentaires.
Fonction publique : des RTT liés au cycle de travail
Dans la fonction publique, les fonctionnaires titulaires, stagiaires et contractuels peuvent bénéficier de RTT selon leur organisation. La référence générale est de 35 heures en moyenne par semaine ou 1 607 heures par an, avec des durées pouvant être réduites pour certaines sujétions.
Les règles s’apprécient dans le versant concerné : État, territoriale ou hospitalière, puis dans le cycle retenu par l’administration ou l’établissement. Voici des repères documentés pour des cycles concernés, pas une grille applicable à tous les agents :
| Cycle hebdomadaire | Repères annuels de RTT |
|---|---|
| 37 heures | 12 jours dans les cycles correspondants |
| 38 heures | 18 jours dans les cycles correspondants |
| 39 heures | 23 jours dans certains cycles, mais 20 jours pour les cycles hospitaliers concernés compris entre 38 h 20 et 39 h |
Les congés pour raison de santé ne génèrent pas les repos liés au dépassement de la durée annuelle. Les heures supplémentaires, astreintes et permanences ont par ailleurs leurs propres modalités de compensation : elles ne deviennent pas toutes des RTT.
Le CET et les possibilités de monétisation publics suivent leurs règles propres. Le rachat temporaire décrit pour les salariés du privé ne doit pas leur être appliqué tel quel, ni le calculateur de repos du forfait jours privé.
Vérifier son compteur de RTT et faire corriger une erreur
Pour comprendre un écart, demandez le calcul à partir de vos données. Un total affiché sur une application ne suffit pas à montrer ce qui a été acquis, reporté ou déduit.
- Retrouvez le dispositif applicable : accord, convention, horaire ou forfait, bénéficiaires et période de référence.
- Contrôlez l’unité du compteur : heures, jours ou demi-journées, avec la valeur retenue pour les conversions.
- Reconstituez les mouvements : solde initial, acquisition, jours pris, reports, transferts vers le CET et éventuels rachats.
- Comparez avec le calendrier réel : jours imposés, demandes acceptées, absences et règles de décompte correspondantes.
- Vérifiez l’échéance et le devenir des jours : prise, report autorisé, CET ou situation de départ.
- Signalez l’écart précisément, en joignant les dates, le compteur et les demandes ou refus utiles, puis demandez une explication au service paie ou RH.
Une question ciblée, par exemple sur les heures créditées pendant un mois ou sur la valeur d’une journée retirée, permet de vérifier le raisonnement. Vous pourrez alors distinguer une erreur de compteur d’une règle de calcul que vous n’aviez pas identifiée.




